Santé mentale – Schizophrénie : causes, symptômes et traitements

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La schizophrénie touche des dizaines de millions de personnes dans le monde. Cette maladie psychiatrique qui se déclare en général avant 25 ans se manifeste de diverses manières selon les patients, et la moitié des malades n’ont pas conscience d’en être atteints. Les symptômes de cette maladie sur laquelle l’on continue de faire des découvertes sont nombreux, et les progrès de la science et de la médecine permettent aux malades de profiter de traitements de plus en plus efficaces.

Les symptômes de la schizophrénie

Très variables d’un malade à un autre, les symptômes qui caractérisent la schizophrénie s’installent de façon progressive chez les patients. Ces derniers vivent en général des phases aïgues et des crises ou les symptômes sont reconnaissables. Ils se catégorisent en différents groupes :

  • Les symptômes les plus frappants et les visibles restent les hallucinations sensorielles que subit le patient. On les appelle symptômes positifs, et ils regroupent les idées délirantes, les crises de paranoïa, les visions ou les perceptions auditives que le patient peut avoir. Ce type de symptômes est le plus impressionnant au cours de la maladie.
  • Les symptômes déficitaires ou négatifs sont relatifs à l’attitude de retrait de la vie sociale dans lequel la maladie plonge le patient. Les répercussions les plus évidentes sont l’appauvrissement affectif et la perte d’intérêt aux autres que le patient développe progressivement.
  • Dans la catégorie des symptômes dissociatifs, on note la tendance du malade à tenir des propos incohérents et contradictoires. Il en va de même pour les émotions exprimées par rapport aux évènements ou au monde autour de soi.

Différentes formes de la maladie

La manifestation de ces différents symptômes n’est pas systématique chez tous les malades, et leur intensité peut beaucoup varier en fonction de la forme de schizophrénie dont il s’agit. La schizophrénie paranoïde reste la plus commune (avec une prépondérance d’épisodes de paranoïa par rapport aux autres symptômes). On distingue aussi la schizophrénie catatonique où ce sont les symptômes physiques qui prévalent, ainsi que la forme affective ou encore la forme indifférenciée qui présente des symptômes mixtes.

Causes de la schizophrénie

Si les causes de la schizophrénie ne sont pas encore clairement identifiées, la majorité des études réalisées à ce propos tendent à mettre en avant des facteurs d’ordre environnementaux et des prédispositions génétiques.

Le risque pour un individu de développer la maladie par hérédité serait lité au degré de parenté avec des malades. Si le risque d’être schizophrène pour un individu lambda dans la population est de 1%, ce chiffre passe à 13% pour un individu dont l’un des parents est malade contre 40% de risque lorsque les deux parents sont malades. Les recherches sont donc axées sur l’identification des gènes éventuellement responsables du mal.

La consommation de certaines substances psychogènes ou d’intoxicants comme le cannabis jouerait pour certains scientifiques un rôle notable dans le développement de la maladie. La consommation fréquente de ces substances chez un individu avant l’âge de 18 ans multiplierait par 2 le risque de développer le mal.

 

Les situations stressantes et la pression sociale ou familiale peuvent aussi être des déclencheurs. La vie est milieu urbain favoriserait aussi en général le développement de la maladie.

Une étude du cerveau des maladies révèle des anomalies dans le fonctionnement qui pourraient, selon les scientifiques, être liées à l’exposition du fœtus à des infections pendant la grossesse. Il pourrait aussi s’agit de complications à l’accouchement qui auraient affecté le cerveau. Certaines formes de psychoses remarquées chez des enfants laissent penser que la schizophrénie pourrait trouver son origine dans les premières années de l’enfance et être détectée plus rapidement. La vulnérabilité de certains enfants sur le plan biologique, le manque d’affection ou au contraire la surprotection des parents pourraient être autant de points favorisant le déclenchement de la maladie à l’âge adulte ou pendant l’adolescence.

Prise en charge de la maladie

Dans plus d’1 cas sur 3, la schizophrénie se manifeste avec des débuts aigus. Le malade est souvent hospitalisé lors de la première manifestation des symptômes. Si la schizophrénie touche autant les femmes que les hommes, certaines recherches soulignent qu’elle serait plus précoce chez les hommes et bien plus invalidante que chez les femmes.

Traitement de la schizophrénie

Après le diagnostic, la prise en charge du malade est globale. Des médecins généralistes, des psychiatres, des aide-soignants, ou des psychologues s’associent en général pour établir et mettre en oeuvre une stratégie thérapeutique. Chaque patient est traité en fonction de ses données cliniques et sociales. Il faut savoir que près de 20% des malades peuvent connaître une évolution favorable lorsque la prise en charge est effectuée rapidement. Les diagnostics précoces favorisent des réponses rapides de l’organisme et augmentent les chances de réinsertion du malade dans la société.

Les médicaments

Les traitements médicamenteux de la schizophrénie sont pour l’essentiel basés sur des neuroleptiques. Ces substances ont un effet sur les récepteurs cérébraux et permettent de réduire les symptômes de la maladie. Si leur utilisation donne au patient la possibilité de reprendre une vie quasi-normale, ils ne permettent cependant pas d’obtenir la guérison.

On trouve dans cette catégorie les antipsychotiques. Ils ne sont recommandés qu’en deuxième intention en raison des effets secondaires indésirables qui peuvent être nombreux. La molécule doit être choisie en tenant compte des données cliniques et biologiques relatives au malade. Les antipsychotiques dits « atypiques » peuvent en revanche être recommandés en première intention car ils sont en général mieux tolérés, notamment chez les adolescents. Ils sont efficaces dans la réduction des tremblements, de la rigidité des muscles et de symptômes biologiques similaires chez le malade.

 

Les traitements mono thérapeutiques (un médicament unique) sont toujours préférables, mais en cas de résistance, l’association de différents antipsychotiques est possible. Les traitements médicamenteux requièrent des patients une discipline sans compromis. Les médicaments doivent être en effet pris dans le respect scrupuleux des recommandations et des dosages, et ce, pendant de longues années ou toute la vie durant. C’est en ce fait que réside la principale difficulté ; l’arrêt d’un traitement entraînant dans la plupart des cas des rechutes et la survenue des crises.

La psychothérapie

La psychothérapie est utilisée en accompagnement des traitements médicamenteux. Ce soutien et cet accompagnement sont indispensables et permettent d’aider le malade à établir à nouveau contact avec le monde réel.

  • Le traitement psychothérapeutique est basé sur une relation de confiance avec le malade, et il permet de restaurer ses capacités mentales et cognitives et de contrôler son processus de pensées, ses émotions, et ses expressions verbales.
  • Les séances peuvent être réalisées avec l’individu ou en groupe.
  • Il est aussi important pour le malade que la famille soit au cœur de la prise en charge. Elle doit être informée, formée, afin de gérer au mieux les différentes situations et d’aider le malade.
  • Des conseils sur l’hygiène et le mode de vie, sur la santé et l’alimentation permettront par ailleurs au malade de profiter d’un quotidien plus agréable et d’être mieux armé face à la maladie.

Les statistiques soulignent que le tiers des patients connaissent aujourd’hui une rémission durable après un traitement sur plusieurs années.

Les études scientifiques qui sont aujourd’hui menées relativement à cette maladie chronique visent à mieux cerner l’influence des facteurs familiaux, génétiques et environnementaux sur les malades. L’objectif est de mettre en place des mesures préventives efficaces, et de trouver de meilleurs traitements médicamenteux qui traiteront la maladie et permettront une rémission complète pour les malades.

 

 

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Laure

A propos de l'auteur: Laure

Psychologue, j'ai décidé d'ouvrir ce blog afin de rendre l'information et mes connaissances accessibles aux internautes.

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